Tout comme Jacques Coursil, Sylvain Guérineau a mené une carrière dans l’Education Nationale. Mais si le premier avait totalement disparu de la circulation jusqu’à l’an dernier (écoutez son superbe album solo sur Tzadik), le second refaisait régulièrement surface. Aujourd’hui, libéré de ses obligations, l’altiste remet le couvert d’une musique amplement lyrique et héritée des Ornette, Ayler et autres Braxton-Logan. Mais, ne nous y trompons pas, il n’y a qu’un seul Guérineau. Ce Guérineau est disert, toujours dans le vif d’un phrasé ô combien aiguisé et inspiré. C’est un musicien généreux et attentif avec qui il fait bon jouer. Avec Didier Lasserre, batteur au feeling juste et luxuriant, il joue en duo ou, comme ce soir, en trio avec le contrebassiste Benjamin Duboc. Ce dernier, remarqué aux côtés d’Arnaud Sacase sait motiver son archet, improviser des lyrismes fous. Tous les trois grouillent d’envie, ils se jouent des dénivelés et des courbes sinueuses avec une aisance déconcertante. Ces trois-là sont fureteurs, insatiables, vrais. Artistes et entiers. Essentiels. Comme le sont Gérard Terronès, producteur toujours aussi avisé et Jean-Marc Foussat, sans doute l’un des seuls ingénieurs du son à savoir restituer sur disque, la brute vérité des musiques live.
Cela se passait le 25 septembre dernier sur la petite scène de l’Olympic Café. Le public ne s’y trompa qui ovationna longuement les musiciens. A notre tour d’être sous le charme. |