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  INTERVIEW
JAZZ SUD
::: ISOTOP . :::

Istop est un groupe, que beaucoup d'entre vous connaissent, fondé en 1996 par Olivier Bénarroche et Christian Bailet.

Aujourd'hui, le groupe est un quartet, composé d'Olivier Bénarroche (guitare, guitare-synthé, composition, programmation), Christian Bailet (basse, composition), Luc Fontaine (saxophones ténor & soprano, flûte) et Stéphane Vergoni (batterie, percussions)

Nous les avons rencontrés à l'occasion de la sortie de leur nouvel album, Electrochoc...

::: INTERVIEW - 28 07 2004 :::

Isotop - la nouvelle formation et son nouvel album : Electrochoc

Olivier Bénarroche: "Le groupe existe depuis huit ans. A l'origine il y avait Christian, Stéphane et moi. En huit ans, ça a beaucoup bougé pour différentes raisons, mais il y a quand même une continuité avec l'origine du groupe. Ce qui a changé le plus récemment c'est l'arrivée de Luc, au saxophone, il y a deux ans."


La Rencontre :

Luc Fontaine : "On s'est rencontré au festival Les Nuits du Loup, où je jouais avec le groupe Pollens. Ensuite, on a eu l'opportunité de s'appeler et d'échanger le même désir de jouer ensemble. C'était un désir de démarrer une aventure humaine nouvelle mais en continuant l'histoire d'un groupe qui a un vécu et une certaine renommée."


Stéphane Vergoni : "Avant ça, le groupe était un peu au point mort aussi..."

Luc : "Le noyau de ce groupe, c'est quand même Christian et Olivier, qui ont traversé son histoire depuis son origine.
Quand on s'est réuni, on a été capable d'échanger et de comprendre un petit peu quel rôle chacun devait jouer. On a été d'accord pour redéfinir une entité et à partir de là on a commencé à travailler ensemble. J'ai du reprendre le répertoire, l'adapter, l'apprendre et l'exposer de manière cohérente. Et puis on a appris à se connaître, on a échangé notre passion et on a trouvé, il me semble, un équilibre sur le plan humain.
Un équilibre dans le rôle de chacun, qui a créé une sorte d'émulation. On a défini depuis le départ un projet commun et on le démontre aujourd'hui en réalisant cet album."


Les influences nouvelles et notamment l'utilisation de l'électronique dans Electrochoc

Olivier : "Electrochoc, c'est le troisième album du groupe. Les deux précédents, également auto-produits, n'ont pas été spécialement développés, ni diffusés. Notre projet, avec ce nouvel album, c'est de vraiment le faire aboutir.
Au niveau des influences, notre premier album était plutôt dans une sonorité relativement acoustique, le second était un peu plus jazz fusion et l'envie qu'on a eu pour celui-là, c'était de partir sur cette base commune et d'évoluer vers une sonorité plus moderne.
On a été inspiré par l'album Gambit de Julien Lourau, par Laurent de Wilde, Bugge Wesseltoft, Peter Molvaert et d'autres groupes, par ce qui fait beaucoup aujourd'hui dans le jazz électro...
Le but c'était de moderniser le son avec l'envie de toucher un public plus large, pour le faire participer à la musique qu'on aime.
La partie électro - la programmation, l'utilisation de samples, à la fois de tournerie, de percussion, de voix, d'éléments synthétiques, d'effets... - c'est ce qu'on a développé de vraiment nouveau dans le son du groupe."

Luc : "On a été amené à développer la partie électro à partir d'un constat. Au départ, l'association des quatre, c'était de reprendre l'histoire d'Isotop, de la remettre à niveau et de la poursuivre. Et quand on est parvenu à reprendre le répertoire et à l'exposer de manière acoustique on s'est aperçu qu'il fallait le personnaliser un peu plus et c'est là où on a eu l'idée de l'électro. Le groupe a pu renaître véritablement et prendre sa forme actuelle, car avant cette décision, c'était simplement une reprise de l'existant en essayant de le ré-exposer au moins aussi bien.
A partir de là, on n'a plus tellement répété de manière instrumentale et on a travaillé avec l'ordinateur sur le répertoire existant. C'était un peu une inconnue et Olivier a fourni un très gros travail. Ce qui nous a motivé dans l'électro c'était de faire quelque chose de nouveau, qui nous appartienne vraiment à tous les quatre, avec le souci de partager notre musique. Et on a considéré que c'était peut-être plus adapté de la partager avec des sons modernes et des influences actuelles."

Stéphane : "On avait tendance à jouer instinctivement un peu jazz rock fusion. Inconsciemment on avait tendance à jouer sur les chorus de manière très fournie et peut-être toujours dans cette même direction. Alors on s'est dit qu'on allait un peu casser ça et laisser un peu plus d'espace de manière à ne pas directement tout dire très vite et c'est ce qui rend peut-être l'album plus accessible."

Olivier : "C'est vrai qu'on a longtemps joué du jazz fusion influencé par Uzeb, Chick Corea Electric Band, Tribal Tech, Herbie Hancock, les formations électriques de Miles Davis, Scofield, Metheny... C'est un peu notre patrimoine commun et on a voulu le mélanger avec tout ce qui peut être actuel - parce que c'est incontournable et parce que ça nous attirait et nous intéressait - comme l'électro, la jungle, le drum'n' bass, le trip hop, même le lounge, le ragga, le dub... toutes ces sonorités qui sont plus modernes et qui n'ont finalement pas été tellement utilisées dans le jazz, auxquelles on a voulu aussi intégrer des influences 'world music' : celtiques, orientales ou flamenco... pour vraiment définir un son de groupe qui nous soit propre et auquel il ne soit pas possible de coller une étiquette."

Christian Bailet : "On a quand même laissé beaucoup de place aussi à l'improvisation. Quand ont dit qu'on a fait un album avec des samples, les gens s'imaginent tout de suite que c'est de la techno mais quand ils l'écoutent ils sont surpris parce que c'est différent, c'est un mélange d'improvisation et d'électronique, avec une structure harmonique assez complexe..."

Olivier : "On a pris ce qui nous plaisait et ce qu'il y avait de meilleur dans les musiques qu'on a citées.
Par exemple, dans 'La fiancée du désert', il y a un passage house - si l'on peut dire - avec un sample répétitif et une grosse caisse sur tous les temps. Mais il y a des variantes, avec des mesures asymétriques, à 5 et à 7 temps et harmoniquement c'est beaucoup plus chargé que la house traditionnelle.
On a joué sur les contrastes entre les clichés de certains styles électro et la culture un peu polyrythmique ou harmonique du jazz."

Luc : "C'est une sorte de mariage de styles mais avec une façon de l'exposer qui nous est propre.
Je pense que quand on écoute l'album, même si les morceaux varient dans leurs styles, l'ensemble reste assez cohérent. La façon dont on expose ces morceaux crée un fil conducteur. Derrière ces mélanges, il y a une expression et une émotion. Il y a une identité."

Olivier : "Cela rejoint le concept du visuel de l'album crée par Blow up, avec l'idée du caméléon. Il y a le côté archaïque de l'animal préhistorique, représentant un peu la tradition du jazz et le côté cybernétique qui correspond à l'utilisation des techniques actuelles.
Et c'est vrai que le caméléon représente bien l'identité du groupe. Le travail qu'on a fait c'est de prendre un peu la couleur de chaque style, tout en restant nous-mêmes, Isotop."


Actuellement, vous cherchez un distributeur ?

Olivier : "Oui. C'est un disque qui a demandé un an de préparation. On a répété pendant près de six mois, puis on a beaucoup travaillé sur les compositions et l'arrangement, essentiellement sur informatique et en janvier 2004 on est entré en studio, chez Sébastien Gastaldi [Studio Panoramix à Antibes]. On y est resté trois mois, puis on pas mal travaillé sur le son du mastering, pour finalement sortir l'album en juin 2004.
Au sujet de l'enregistrement, si l'on peut dire que l'ordinateur était un cinquième musicien, le sixième c'était certainement Sébastien qui nous a aidé pour les voix et qui a été très créatif au niveau du mixage.
On a tout fait en auto-production et aujourd'hui, l'aboutissement de ce travail c'est effectivement de trouver un distributeur.
Pour être distribué le plus largement possible, bénéficier de promotion, mais aussi pour pouvoir rentrer dans le circuits des festivals - de jazz, mais aussi, pourquoi pas des festivals de musique électronique ou de musique du monde.
Notre but, avec ce disque, c'est aussi de se donner la possibilité de jouer régulièrement notre musique sur des belles scènes.
Sur l'album, la musique peut sembler très travaillée, mais c'est une musique qui se vit pleinement en live."


Electrochoc a été récompensé par la Sacem ?

Olivier : "Oui. On a eu le prix d'aide à l'auto-production de la Sacem. Une fois qu'on a réalisé l'album, on l'a envoyé à la Sacem, qui a un jury qui se réunit, je crois, une fois par an et qui sélectionne, au niveau national, un certain nombre de disques auto-produits. C'est une première reconnaissance pour nous, car c'est un jury composé de musiciens."

Luc : "Ce qui est important, c'est de dire aussi que cet album résume aujourd'hui véritablement une histoire qui a été partagée par quatre musiciens et on espère qu'il sera la première marche vers d'autres projets communs."

Olivier : "C'est un groupe qui est vraiment basé sur l'amitié et c'est peut-être pour ça qu'il dure et qu'il va certainement pouvoir se développer. On a déjà des projets : le prochain album est en préparation et on a aussi le projet d'amener une dimension différente en ajoutant du visuel sur scène. C'est quelque chose qui se fait rarement dans le jazz mais qui se fait beaucoup dans d'autres styles de musique. On a d'une part un projet avec un décorateur qui pourrait nous construire un décor et le projet de travailler avec Blow up pour ajouter de la vidéo sur scène.
Mais dans l'immédiat, notre priorité c'est de trouver un distributeur et de continuer à jouer régulièrement, le plus possible."


::: NOTES :::
Où trouver 'Electrochoc' ?

* A la Fnac et à Hit Import, à Nice

* En ligne sur cdbaby.com www]
[ www ]


Isotop
Isotop
© Cathy Caraveo    


Date : 28 juillet 2004
Par : Kat


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